Posté le 06.08.2007 par johannabou
Quelle différence majeure entre les Juifs Israël et ceux de la Diaspora? Pourquoi ces derniers partent massivement faire leur alyah?
Je vais parler de mon cas personnellement peut être que certains se reconnaitront. J'ai toujours eu une sensation de manque qui m'atteignait parfois tellement fortement que je n'arrivais pas à respirer. Je recherchais une chose que je n'arrivais jamais à définir. Je courrais après ma propre vie sans voir que celle ci n'avait aucun sens tant que je n'avais pas compris qu'elle ne pouvait se dérouler en dehors de ce que je considère comme mon pays. Lorsque sur mes pochettes de cours j'écrivais "le sang qui coule dans mes veines provient de la terre d'Israël" ce n'était pas par pur désir de faire de la poésie. Je voulais juste mettre des mots sur ce que je ressentais au plus profond de moi. Depuis petite je me sentais en dehors du monde que je fréquentais, je n'étais jamais en osmose avec les personnes, je voulais leur expliquer mais je n'y arrivais pas. Puis un jour où je suis venue en vacances ici la lumière s'est enfin faite dans mon esprit. Je venais de trouver ce qui m'avait toujours manqué, une raison de vivre. Sitôt le pied posé en dehors de l'avion j'ai ressenti un immense bien être, j'ai eu l'impression que la pièce manquante de mon âme venait d'être trouvé. Ce sentiment ne m'a jamais quitté toutes les fois où j'y suis retournée et ce même quand c'était dans d'affreuses circonstances. J'ai su ce jour là que ma vie commencerait réellement que quand j'habiterais en Israel. J'ai mis tout en oeuvre pour venir, j'ai dû subir de nombreux reproches, de nombreuses questions mais j'y suis arrivée.
Pour essayer de faire claire je suis tombée amoureuse d'Israel, ce pays m'apporte plus que n'importe quelle personne que j'ai pu rencontrer dans ma vie. Quand on est amoureux d'une personne c'est bien car c'est la vie. Seulement quand on est amoureux d'un pays c'est encore plus merveilleux car notre vie prend un sens nouveau.
Peu de gens arrivaient à comprendre ce que je ressentais pour Israel, ce n'était pour eux que des propos vides de sens car eux même n'ont jamais ressenti autant d'amour. Les Juifs d'Israël me comprennent sans me comprendre car pour eux vivre dans ce pays est une évidence. Ils y naissent, ils y meurent. Peut être que justement nous Juifs de la diaspora avons quelque chose en plus, nous pouvons mesurer la chance d'avoir un pays. Nous avons compris dans la souffrance (antisémitisme notamment) combien notre pays était important pour nous, pour notre survie. Israel pour nous n'est pas une évidence, ce pays se mérite. En France ou ailleurs nous avons suffisamment payé de ne pas pouvoir y vivre pour que quand on y rentre on embrasse notre terre.
J'aime Israel ici je suis chez moi, ici je me sens en harmonie avec moi, j'ai trouvé ma raison de vivre.
Posté le 05.08.2007 par johannabou
Les derniers mois sur Paris shabbat terminait tard et loin de moi l'idée de me faire passer pour une couche tôt mais me lever m'habiller à 23h cela ne m'intéresse pas plus que ça. Donc pour ce deuxième shabbat passé en Israël j'ai voulu sortir avec une amie. Il faut dire qu'ici à 21h maximum c'est terminé. Donc je l'ai rejointe chez elle afin de décider ce que nous allions faire de notre soirée. Nous avons décliné l'invitation à rejoindre mon grand frère, sa future femme et toute la famille de cette dernière soit près d'une trentaine de personnes sur la Tayelet (les cafés sur la plage dirons nous). Ne connaissant ni l'une ni l'autre Ashdod et ce qu'il y a à faire nous avons pris un taxi pour aller dans la zone industrielle. Zone dans laquelle nous avons entendu dire qu'il y a des pubs sympas. Effectivement nous sommes allés chez Arabica une sorte de bar restaurant avec de la bonne musique.
Puis....connaissez vous l'expression ça marche comme un canard, cela ressemble à un canard mais ce n'est pas un canard? Où peut être l'ai je modifié à ma sauce mais bon vous voyez l'idée. Passant devant le Vibe où il y avait deux videurs nous nous sommes dis qu'il y avait une chance qu'on nous ai caché une boite à Ashdod. Nous passons devant les videurs, rentrons dans une sorte de grande pièce occupée par un immense bar, voyons le dj dans son coin et cherchons la piste. Seulement on ne nous avait pas fait de cachoterie il n'y a pas de boite à Ashdod! C'était seulement un bar.
Donc Ashdod, ville qui depuis maintenant une dizaine de jours, est ma ville ne regorge pas de possibilités pour les jeunes voulant sortir. La prochaine fois il faut s'y prendre plus tôt et aller sur Tel Aviv.
Posté le 05.08.2007 par johannabou
A la base, la cérémonie du henné prend sa source dans les pays musulmans où on lui attribue une action contre le mauvais œil. Chez les juifs, on retrouve surtout la coutume du henné dans les mariages séfarades traditionnels.
Depuis mon enfance je vois le henné comme étant le chemin naturel du mariage. Une cérémonie bercée par le joug des traditions des siècles passés. Avant le henné était moins somptueux mais peut être avait il de ce fait une signification plus intense en émotions. Les parents et grands parents avaient un rôle plus important ne serait ce qu'en s'en occupant plus personnellement.
Je ne vais pas décrire plus longuement le henné déjà parce que mes connaissances à ce sujet sont assez limités mais surtout ce n'est pas le vif du sujet. Ce jeudi 2 août j'ai eu l'immense joie d'assister au henné de mon grand frère Jonathan et de sa future femme Morane. Je vous écris donc un petit mot pour vous dire à quel point j'apprécie de façon générale le henné mais celui là plus particulièrement m'a fait vraiment chaud au coeur. Ce que j'aime le plus c'est lorsqu'on met le henné dans la main des jeunes gens entouré d'un ruban rouge et d'un louis d'or (du moins surtout pour la mariée). Ce geste pour moi symbolise toute la beauté de la cérémonie.
Pour la première fois de ma vie j'ai été à un henné en Israël et malgré que cela se soit terminé un peu tôt j'ai beaucoup aimé!
Posté le 05.08.2007 par johannabou
Il est inévitable lorsqu'on fait son alyah et ce pendant les premiers temps de toujours comparer avec notre vie d'auparavant. "En France cela coûte moins cher, en France on passe d'abord par la mairie, en France...".
Doit on vous jeter la pierre? Bien sûr que non! Vous n'avez pas encore vos repères familiers. Seulement n'oubliez pas que pour une meilleure intégration le mieux est de devenir israélien et ce jusqu'aux principes de base c'est à dire ne pas avoir de point de comparaison, considérer chaque chose comme une évidence.
Ce que cela évite? Des déceptions de ne pas avoir la même chose que dans une vie que nous avons décidé de mettre de côté.
Posté le 01.08.2007 par johannabou
Le premier mot qu'on nous demande d'apprendre en hébreu est "Savlanout" c'est à dire la patience. Faire son alyah implique un certain nombre de changements dans les papiers. Il faut un nouveau passeport, une nouvelle mutuelle, un nouveau compte bancaire... Depuis mon arrivée en Israël je dois courir à droite à gauche afin de me créer en quelque sorte une nouvelle identité. Je ne vous le cache pas il est difficile surtout quand on n'a pas la langue de tout faire rapidement. Il manque toujours une pièce. On perd vite patience surtout devant l'incompréhension mutuelle qui découle des deux langues étrangères. Que dire? Effectivement la savlanout est importante et il ne faut pas oublier qu'il y a des gens prêts à nous aider.
J'ai reçu aujourd'hui ma teoudat zeout (carte d'identité israélienne) et je me dis que tous mes efforts n'ont pas été vains. Je me sens très fière d'être considérée aux yeux de tous en tant qu'israélienne.
Posté le 31.07.2007 par johannabou
Jérusalem, plus connue sous le nom de ville sainte, elle représente tellement pour les gens du monde entier! Ville symbolique pour les trois plus grandes religions. Le Kotel, le mur des lamentations, est un des derniers vestiges du Temple de Jérusalem. Pour la communauté juive il est très important, les personnes viennent s'y recueillir, faire des prières. La coutume ou plutôt tradition je ne sais pas quel terme utilisé veut qu'on y dépose un bout de papier avec nos diverses demandes. On l'appelle Mur des Lamentations.
Généralement ma première visite quand je suis en Israel est pour le Kotel. Mais contrairement à beaucoup d'autres je ne ressens pas d'attirance particulière pour le Kotel. Aucun grand frisson, aucun pleur. Lorsque j'arrive devant, je suis tranquille. Je n'ai pas de prières à adresser, pas de demandes. Je remercie D' pour tous les bienfaits qu'Il m'accorde ainsi qu'à ma famille et je le remercie aussi pour l'amour inconditionnel qu'Il offre à tous les êtres humains.
Cela reste malgré tout un lieu magique à aller voir ne serait ce que pour sa beauté.
Posté le 30.07.2007 par johannabou
Il faut le faire. Il faut en disant au revoir à tous ceux qui font partie de notre vie, dire au revoir à la personne qui occupe la plus grande place dans nos coeurs. Quand j'ai quitté la France j'ai quitté également une personne chère à mon coeur: mon petit ami. Un an et demi de bonheur. Comment accuser le coup? Difficile. Mais voilà ma vie ne tourne qu'autour d'Israel. Celui qui ne partage pas cet amour, qui ne le comprend pas ne peut continuer à faire partie de ma vie. Je suis entière dans ce pays. Personne ne peut m'aimer tant qu'il ne m'a pas connu ici, vu la personne que je suis depuis que j'ai enfin retrouvé mes racines. Je ne renierais jamais cette relation qui m'a permise d'avancer, de grandir, d'être bien avec quelqu'un et de partager des choses intimes à ma personne. Mais voilà chacun doit suivre sa voie. Mon bonheur se trouve chez moi en Israel, malheureusement pas avec la personne qui a partagé ma vie pendant ces longs mois.
Tu sais quels sentiments j'ai pour toi. Ils resteront ancrés en moi, dans ma boite à souvenirs qu'est mon coeur...
Posté le 30.07.2007 par johannabou
Quand on arrive dans un pays, surtout pour y habiter, il faut savoir s'adapter aux us de ce pays. Oublier ce qui fut nos traditions pour en adopter de nouvelles, les comprendre et pouvoir les faire nôtres. Aujourd'hui par exemple, l'amour était fêté en Israel. Eh oui la fête des amoureux qu'en France il est d'usage de fêter le 14 février le fut aujourd'hui en Israel. Amusant quand on y pense! On passe sa vie à se construire une identité en fonction des traditions de la société dans laquelle on vit et puis on change en quelque sorte de vie et tout est à refaire. Une sorte de "tabula rasa". Excitant ou effrayant? Les deux. L'exercice est un peu difficile au début mais ça en vaut la peine.
Bonne fête à tous les amoureux
Posté le 29.07.2007 par johannabou
Une des plus grandes appréhensions lors de l'alyah est que nous sommes dans l'obligation de perdre ce qui nous rassure tant, notre protection, notre appartement. Cela peut même devenir la barrière qui fait que quelqu'un ne partira pas. Quand je suis arrivée en Israel, j'étais heureuse mais un bémol subsistait: avec ma famille nous n'avions pas d'appartement. Nous allions devoir nous faire héberger par la famille. Je dois l'avouer ce fut et cela continue d'être très dur. Etre à la merci des uns et des autres, devoir faire des ronds de jambes à des personnes non appreciées commencent a être lassant. Mais voila après des mois de recherche intensive (du moins pour mes parents) et déjà plusieurs jours de cohabitation plus ou moins difficile l'appartement est trouvé. Disponible début septembre seulement mais un poids est enlevé.
Que dire? OUF! Non, surtout n'ayez pas peur, ne créer pas d'obstacle infranchissable. Et comme le dit mon père "Les portes s'ouvriront à la grâce de D'."
Posté le 29.07.2007 par johannabou
Magnifique, reposant... Quand j'étais en France on me disait toujours "comment peux tu supporter les contraintes du shabbat? Pourquoi subis tu cela?.." Vous rendez vous compte des termes employés? Ici pour la première fois une plénitude m'a envahi lors du shabbat, quelle merveille de ne voir aucune (ou plutôt presque) voiture circuler. Plus de questions qui ne veulent rien dire. Comment expliquer shabbat? En lui même je ne connais rien d'autre qui puisse autant m'apporter spirituellement. Ce n'est pas être coupé du monde, comme les gens pourraient le croire, mais je ressens cela comme le passage a un autre monde, moins superficiel, plus spirituel, je suis enfin dans le vrai monde.